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Jean-Pierre Siméon : une ardente invitation à la relecture de la poésie

Jean-Pierre Siméon

02.02.23

Invité des INsolences d’Ernest hier après-midi et ce matin, c’est de poésie qu’est venu parler Jean-Pierre Siméon à un auditoire en grande partie scolaire mais pas seulement.

Poète, romancier, critique et dramaturge, Jean-Pierre Siméon est agrégé de lettres modernes ; à ce titre, il a enseigné à l’IUFM de Clermont-Ferrand, au département des Écritures Dramatiques de l'ENSATT à Lyon et a donné des cours d’écriture théâtrale à Sciences Po Paris.

Il est l’auteur de nombreux recueils de poésie, de romans, de livres pour la jeunesse, de nombreuses pièces de théâtre et d’un essai sur le théâtre (...), collabore à diverses revues de création littéraire et écrit dans un grand quotidien comme critique littéraire et dramatique.

À partir de 1996, il s’intéresse au théâtre. Alors pendant six ans, il est poète associé au centre dramatique national de Reims puis au théâtre national populaire de Villeurbanne, d’abord en tant que poète associé, puis comme dramaturge.

À ces activités déjà fort nombreuses s’en ajoutent de nouvelles. En 1986, il crée la semaine de la poésie à Clermont-Ferrand et devient directeur artistique du Printemps des Poètes de 2001 à 2017. Lauréat du Prix Apollinaire en 1994, il en est président du jury depuis 2014. Il est membre du jury du prix Robert Ganzo. Avec Andrée Chedid et son petit-fils Matthieu, il initie le prix Andrée Chedid. Enfin, Jean-Pierre Siméon a été conseiller à la Mission pour l’Art et la Culture du Ministère de l’Éducation Nationale. (source : Wikipédia)

Mais avant d’être enseignant, Jean-Pierre Siméon était poète. Un poète dans l’âme qui s’est évertué à promouvoir auprès d’un auditoire très attentif une autre vision de la poésie. Une autre vision, c’est-à-dire autre que celle de l’école qui, par le jeu des programmes, se focalise sur une approche exclusivement analytique et technique. La preuve, selon notre conférencier, c’est que la plupart de nos concitoyens, lorsqu’ils sont interrogés sur ce sujet, ne peuvent pas dire grand-chose de plus que : c’est joli, ça fait du bien, c’est le rêve, c’est de la rime ou encore c’est sentimental. Au final, nous ne pouvons citer chacun que quelques poètes et n’avons connaissance que de très peu de poèmes, et la poésie est considérée comme de peu d’importance – contrairement à d’autres cultures sur les autres continents.

Or, les messages qu’a voulu faire passer l’auteur du Petit éloge de la folie – que les élèves de 601 et de 612 ont étudié en cours – affirment au contraire que le lecteur de poésie n’analyse pas, il fait le serment de l’auteur, son proche, de demeurer dans l’intense. Son franc-parler a fait mouche – les élèves ont déjà fait des retours auprès de leurs enseignants : on comprend un poème comme on comprend quelqu’un, car le rapport à la poésie est instinctif, immédiat, mystérieux.

La poésie, ça veut dire ce que ça veut dire, littéralement et dans tous les sens avait dit Arthur Rimbaud à sa mère. On écrit des poèmes pour dire des choses qu’on ne peut dire autrement. La poésie sauvera le monde parce que, loin des préoccupations matérielles qui nous accaparent, l’on peut donner du sens à sa vie à travers la poésie.

Cette réflexion partagée hier après-midi et ce matin n’aura pas manqué de bousculer les idées reçues, sans toutefois jeter aux orties ce qui se fait en classe, de l’école primaire au lycée : on ne fait pas de révolution sans mémoire, sans culture...

L’intervention a été prolongée par le jeu habituel des questions-réponses, alimenté par une préparation en cours orchestrée par les quatre professeures de lettres impliquées dans ce module des INsolences.